Colmar a accueilli ce mercredi soir le lancement officiel des Bières de Printemps d’Alsace 2026. Douze brasseries, plus de 100 invités et une région qui célèbre son savoir-faire brassicole.
Pour la troisième année consécutive, le Château Kiener de Colmar (68) a ouvert ses portes pour célébrer un rendez-vous devenu incontournable dans le calendrier brassicole alsacien : le lancement officiel des Bières de Printemps. Hier soir, plus de 100 professionnels de la filière (brasseurs, restaurateurs, hôteliers et partenaires) se sont retrouvés pour marquer symboliquement la fin de l’hiver et accueillir les premières créations saisonnières des brasseries locales.
Un collectif soudé autour de la Bière de Printemps
Organisé en partenariat avec Brasseurs d’Alsace, le Pôle Marque Alsace de l’ADIRA et l’UMIH 68, l’événement illustre avant tout la force du collectif. À peine rentrés du Salon International de l’Agriculture à Paris, où ils étaient présents pour la première fois sur un stand commun, les brasseurs alsaciens ne relâchent pas la dynamique qui reflète la vitalité d’une filière qui entend peser sur la scène nationale.
Hier soir à Colmar, douze brasseries, des artisanales indépendantes aux grandes brasseries historiques alsaciennes, ont présenté leurs brassins de printemps, chacune apportant son interprétation de cette recette traditionnelle saisonnière. Ces créations brassées en édition limitée incarnent le renouveau printanier dans ce qu’il a de plus savoureux.
Douze bières, une palette infinie
La diversité des propositions était frappante. La Suff’Bier de Printemps (5 % alc/vol) de la brasserie obersaasheimoise Suff’Bier séduisait avec sa robe cuivrée et ses arômes floraux. La Bra’v de Printemps (4,5 % alc/vol) de la Brasserie du Vignoble à Ribeauvillé, bière pale infusée au thé Oolong et aux fleurs, évoquait une douce brise de mars. Plus structurée, la Welche de Printemps (6 % alc/vol) de la Brasserie du Pays Welche à Lapoutroie développait des notes de fleurs de sureau avec une amertume fine et maîtrisée.
La Printemps ! (4,8 % alc/vol) de la Brasserie Uberach présentait une double fermentation sur lie qui lui conférait une belle complexité. La Schutzenberger Printemps (5,5 % alc/vol) de la Brasserie de Schilick dévoilait un bouquet floral délicat, aux notes de rose, de sureau et de thé russe. La Brasserie Taal de Wihr-au-Val proposait quant à elle une Märzen Sorgho (6 % alc/vol) aux légers arômes de noisette, ancrée dans la tradition de la bière de mars.
La Brasserie Saint-Pierre, fidèle à son savoir-faire, présentait une Saint-Pierre de Printemps (5,5 % alc/vol) aux reflets cuivrés, aromatique et florale, brassée avec les premières orges de la saison. De son côté, la Brasserie de Saint-Louis signe La Printanière (4,7 % alc/vol) toute en légèreté : une bière blanche houblonnée, accessible et conviviale. La Brasserie Saint-Alphonse de Vogelgrun proposait sa Meidla Printemps (5,8 % alc/vol), brassée avec des malts d’orge et de froment, d’une belle couleur dorée. Portée par le houblon Strisselspalt, elle dégage une rondeur douce et une finesse aromatique typiquement printanières.
Du côté des grandes maisons, Licorne Primeur (5,5 % alc/vol) de la brasserie de Saverne Licorne jouait la carte de la douceur maltée et des notes fraîches de houblon. Chez Brasseries Kronenbourg à Obernai, la Grimbergen de Printemps (5,5 % alc/vol) surprenait par ses arômes de pomme mêlés d’épices et de gingembre. La Meteor de Printemps (5,5 % alc/vol) se démarquait par sa robe lumineuse, sa fraîcheur et sa sobre amertume.
Une tradition ancienne qui dynamise la filière locale
La Bière de Printemps, aussi appelée Bière de Mars, est loin d’être une invention moderne. Autrefois, les brasseurs l’élaboraient en hiver avec les dernières récoltes de malt et de houblon, quand la conservation des denrées était encore incertaine. Plus légère que les bières d’hiver mais tout aussi savoureuse, elle annonçait le retour des beaux jours et le renouveau des brassins. Une tradition que les artisans alsaciens perpétuent avec fierté, en lui insufflant chaque année un regard contemporain.
Au-delà de la dégustation, le lancement des Bières de Printemps porte un message plus large : celui de la valorisation d’un territoire et de son identité. Brasseurs d’Alsace, dont l’ambition est de promouvoir le savoir-faire local, de fédérer les acteurs de la filière et de développer le tourisme brassicole régional, ont une fois encore démontré que la bière alsacienne n’a rien à envier aux grandes traditions européennes.
Avec le soleil revenu sur les toits de Colmar et les premières terrasses qui renaissent, les Bières de Printemps 2026 sont prêtes à conquérir les tables alsaciennes. ■

Journaliste depuis plus de 25 ans, Olivier Malcurat entre dans l’univers de la bière en 2018 avec Le Pod’capsuleur, le podcast qui aime la bière et les brasseurs. En juillet 2020, il lance Bière Actu, un site d’information indépendant et participatif à trois voix : journalistes, experts et professionnels.
