La Brasserie de la Divatte fête ses 25 ans en grand

© Brasserie de la Divatte

La brasserie ouvre ses portes ce 5 septembre pour un quart de siècle de bière artisanale, entre houblonnière, concerts et cuvée spéciale.

Tout commence en 2001, dans la commune de La Chapelle-Basse-Mer, aujourd’hui rattachée à Divatte-sur-Loire (44). Antoine Bouyer décide de se lancer dans le brassage artisanal, dans l’ancienne cave restaurée de son grand-père. De cette aventure familiale naît la Trompe Souris, bière devenue emblématique du Vignoble nantais et pionnière de la bière artisanale dans la région. « Les clients n’y connaissaient pas grand-chose à la bière, il a fallu tout leur apprendre » , se souvient le brasseur. Depuis, le paysage a bien changé : »Aujourd’hui, de plus en plus sont très affûtés sur le sujet, certains ont même de l’avance sur nous sur les tendances à venir ! »

Vingt-cinq ans plus tard, la Brasserie de la Divatte a bien grandi. À la gamme historique Trompe Souris (aujourd’hui certifiée bio) se sont ajoutées d’autres références, notamment la Vieille Tour puis les gammes Duck et La Grue Jaune. La brasserie a aussi fait le choix de l’ancrage local en plantant sa propre houblonnière à proximité du site de production : « C’était pour nous une garantie d’approvisionnement en houblon face au développement ultra important des brasseries artisanales en France depuis 2015, explique Antoine Bouyer. Une pénurie de houblon a de lourdes conséquences car tout changement de variété induit inévitablement une variation du goût de notre bière. Le choix des consommateurs aujourd’hui s’oriente vers des produits toujours plus locaux. C’est une bonne façon de les convaincre d’opter pour notre bière. »

Cet ancrage dans le terroir se prolonge du côté de la houblonnière elle-même : la brasserie participe au projet Ravast’Hop, porté par l’Itepmai, institut de recherche dédié aux plantes à parfum, aromatiques et médicinales, qui vise à préserver les cultures de houblon sans recours aux produits chimiques. Une démarche qui illustre la volonté de la brasserie de respecter l’environnement mais aussi son produit et la tradition brassicole.

De la cave familiale au défi du développement économique

Au fil du temps, l’entreprise a également étoffé son activité de distribution en proposant à la vente des bières d’autres brasseries indépendantes telles que Horla (Grand-Champ, 56), la Brasserie de Cornouaille (Concarneau, 29), Uncle (Étables-sur-Mer, 22) ou Penrose (Angers, 49). « Le choix de distribuer les bières de collègues est né de notre frustration à ne pas pouvoir répondre aux besoins de tous nos clients, précise Antoine Bouyer. Notre volume stagnait faute de capacité de production. » Face à ce plafond de verre, la brasserie a su faire évoluer son modèle économique avant d’engager un investissement structurant. « Il a fallu deux ans pour convaincre les banques de nous suivre dans l’agrandissement du bâtiment, puis dans le renouvellement de notre salle de brassage pour passer d’une capacité de 36 hL par semaine à plus de 100 hL. »

Cette diversification réussie et ces nouveaux investissements ont transformé l’atelier artisanal des débuts en une véritable entreprise locale solidement ancrée. Aujourd’hui bien identifiée dans le paysage brassicole de Loire-Atlantique, la Brasserie de la Divatte emploie 12 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 1,5 M € pour près de 4 000 hL distribués à travers la Bretagne et les Pays de la Loire. Une dynamique qui s’inscrit résolument dans la durée, conclut Antoine Bouyer : « La capacité n’est pas encore atteinte, il reste de nouveaux marchés à conquérir ! »

Quand on l’interroge sur les moments de doute et les remises en question, Antoine Bouyer ne cache rien des réalités du métier : « Les doutes surviennent lorsque vous franchissez un pas en investissant lourdement et que votre comptable vous dit que le chiffre d’affaires ne progresse pas assez vite. » Si les banques se montrent heureusement compréhensives et que des solutions sont trouvées, il refuse de céder aux raccourcis faciles : « La facilité serait de brader notre bière pour atteindre plus vite notre capacité, mais ce serait au détriment de la marge. + 50 % de CA et + 20 % de marge, ce n’est pas une bonne équation à mon avis. » Au-delà des investissements, la viabilité de la brasserie s’évalue au quotidien. « La plus grosse difficulté est de faire face à la saisonnalité et d’essayer de maintenir un CA régulier tout au long de l’année, de sans cesse innover, tant sur les recettes que sur les contenants, de maintenir une bonne visibilité sur les réseaux pour ne pas être oublié ! »

Pour l’avenir, le brasseur garde un cap clair et centré sur l’humain et la qualité : « Le projet est d’atteindre les 6 000 hL annuels tout en préservant la santé de mes salariés, en améliorant les conditions de travail et en maintenant une bonne qualité de bière. »

Houblon, visites et bière anniversaire : le programme du 5 septembre

Pour célébrer ce quart de siècle, la brasserie ouvre grand ses portes au public ce samedi 5 septembre, de 10 h à 22 h. L’entrée est libre et gratuite. Au programme de cette journée anniversaire : la récolte du houblon organisée sous forme d’atelier participatif (10h-18h). Les visiteurs pourront aussi profiter de visites guidées de la brasserie et de la houblonnière, pour découvrir les coulisses de la fabrication. Un foodtruck et diverses animations sont prévus tout au long de la journée. Pour marquer l’événement, une cuvée spéciale des 25 ans a été brassée pour l’occasion.

La fête se prolongera en soirée avec deux concerts, entre musique irlandaise et rock, pour clôturer en musique ce quart de siècle de savoir-faire brassicole. Rendez-vous est donné sur le parking de la brasserie, au lieu-dit Le Norestier, à Divatte-sur-Loire, pour cette grande fête populaire qui promet de réunir habitués et curieux autour d’un même verre.



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