Selon le Beer Institute, les canettes représentent désormais 63 % des emballages. Mais la bière pression regagne du terrain dans les bars et restaurants, portée par une législation incitative.
Les chiffres sont sans appel. Selon le dernier rapport de composition des emballages publié mardi par le Beer Institute (Washington), les canettes en aluminium contiennent désormais 63,4 % de la bière vendue aux États-Unis. Le verre, longtemps emblème du secteur, recule à 27,1 %. Quant à la bière pression, elle pèse 9,6 % du marché. Une part modeste, mais en progression continue.
C’est précisément cette dernière tendance qui retient l’attention des professionnels. Depuis 2020, la bière pression a progressé de 3,8 points de pourcentage, portée par la reprise des lieux de consommation sur place (bars, brasseries artisanales, restaurants…). Un signal fort de la vitalité du secteur hors foyer, après les turbulences de la pandémie.
« L’aluminium demeure le principal matériau d’emballage, tandis que la bière pression continue de gagner en popularité. »
Brian Crawford, PDG du Beer Institute
Pour Brian Crawford, ces données révèlent autant des habitudes de consommation que des enjeux de politique industrielle. Derrière les chiffres, c’est toute la question de la chaîne d’approvisionnement en aluminium et du soutien au secteur de l’hôtellerie-restauration qui se pose.
Pour accompagner la dynamique de la pression, une proposition de loi bipartisane suscite l’intérêt de la filière : le CHEERS Act (Creating Hospitality Economic Enhancement for Restaurants and Servers), porté par quatre élus du Congrès, dont le républicain Darin LaHood et la démocrate Suzan DelBene. Le texte vise à soutenir économiquement les bars, restaurants, brasseries et leurs employés.
Ce que prévoit le CHEERS Act
La mesure phare du projet étend la section 179 du code des impôts américain pour permettre aux établissements de déduire immédiatement 100 % de leurs investissements liés aux systèmes de tirage pression. Sont concernés : les lignes de tirage, les fûts, les compresseurs et les chambres froides dédiées. Une déduction fiscale immédiate, plutôt qu’étalée sur plusieurs années d’amortissement.
Pour Andrew Heritage, économiste en chef du Beer Institute, « maintenir cette dynamique est essentiel. » Les données publiées ce mardi s’appuient sur les relevés 2025 de l’organisation et illustrent, selon lui, la nécessité d’un soutien concret aux acteurs du secteur, à l’heure où la tarification des matières premières, aluminium en tête, pèse sur les marges de l’industrie brassicole américaine. ■

Journaliste depuis plus de 25 ans, Olivier Malcurat entre dans l’univers de la bière en 2018 avec Le Pod’capsuleur, le podcast qui aime la bière et les brasseurs. En juillet 2020, il lance Bière Actu, un site d’information indépendant et participatif à trois voix : journalistes, experts et professionnels.
