Mélusine adopte le réemploi en 75 cl

© Brasserie Mélusine

La brasserie vendéenne adopte le réemploi pour ses bouteilles 75 cl, rejoignant le réseau Bout à Bout fort de 300 points de collecte en Pays de la Loire.

C’est un changement de paradigme discret mais symbolique. Depuis fin 2025, les bouteilles 75 cl de la Brasserie Mélusine (Chanverrie, 85) ne finissent plus au bac de recyclage mais dans un bac de collecte pour être lavées, inspectées et réemployées. La brasserie vendéenne a rejoint le réseau Bout à Bout (Carquefou, 44), filière de réemploi structurée à l’échelle des Pays de la Loire, pour donner une seconde vie, et bien d’autres encore, à ses bouteilles. Avec 1,2 million de bouteilles 75 cl sorties de la brasserie en 2025, cette bascule vers le réemploi n’est pas anecdotique !

Un chantier de longue haleine

Derrière cette évolution en apparence évidente se cache un chantier technique et logistique de plusieurs mois. Il a fallu adapter les outils de production, repenser les chaînes d’approvisionnement, convaincre les partenaires. Mais il a aussi fallu changer les étiquettes des bouteilles pour les doter d’un adhésif et de microperforations adaptés, afin qu’elles se décollent facilement, sans laisser de résidus, lors de leur passage en machine à laver industrielle.

Mais l’ultime défi est bien de convaincre le consommateur final de rapporter sa bouteille vide en point de collecte, afin de la maintenir dans cette boucle vertueuse. Aussi, la Brasserie Mélusine utilise ses étiquettes pour communiquer avec le consommateur. L’ensemble de la gamme 75 cl arbore un logo dédié et un slogan incitatif : « Rapportez-moi pour réemploi. »

Car le modèle ne fonctionne que si les bouteilles reviennent. C’est là le talon d’Achille de tout système de réemploi : il repose sur le comportement des consommateurs. Plus le taux de retour est élevé, plus le nombre de rotations par bouteille augmente, et plus le bénéfice environnemental est réel. En adoptant ce système, Mélusine invite explicitement ses clients à devenir acteurs du changement, en participant à un modèle économique circulaire ancré dans leur région.

Du recyclage au réemploi, il y a un monde

Si le recyclage consiste à fondre le verre pour en faire du neuf, le réemploi, lui, conserve la bouteille telle quelle. Collectée dans l’un des quelque 300 points du réseau Bout à Bout répartis en Pays de la Loire, la bouteille usagée suit alors un parcours balisé : tri, lavage, séchage, inspection électronique, avant de repartir chez le producteur pour un nouveau cycle. Un circuit court, ancré dans le territoire, qui évite la refonte du verre, bien plus énergivore. Et les gains environnementaux sont mesurables et significatifs. Le réemploi permettrait de réduire jusqu’à 80% les émissions de gaz à effet de serre par rapport au recyclage classique, deux fois moins d’eau consommée et quatre fois moins d’énergie utilisée. Sans compter l’emploi local généré par les activités de collecte, de tri et de lavage.

Une brasserie engagée de longue date

Cette initiative de réemploi s’inscrit dans une politique environnementale structurée, que Mélusine bâtit par étapes depuis des années : installation d’une station d’épuration, récupération d’énergie sur les procédés de production, isolation thermique renforcée, intégration du BioCO2 dans le processus de fabrication, mise en service d’un générateur d’azote… Il s’inscrit dans cette continuité, mais aussi dans la philosophie de la brasserie qui emploie 24 salariés et brasse une quinzaine de références, dont une gamme bio, et revendique une fabrication artisanale et naturelle. Passer à la bouteille réemployable, c’est aussi pour Mélusine une manière de faire converger identité de marque et conviction écologique.



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