La P’tite Maiz’ relève la tête et va de l’avant !

Christophe Le Gall et Quentin Besnard, fondateurs de La P'tite Maiz' © D.R.

Après deux années de restructuration, la brasserie tourangelle dévoile une nouvelle identité et s’attaque à la grande distribution avec des moyens de production renforcés.

La P’tite Maiz’ (Notre-Dame-d’Oé, 37) opère un retour en force dans le paysage brassicole français, après avoir traversé deux ans de turbulences et de redressement judiciaire. La brasserie tourangelle, fondée en 2016 par Christophe Le Gall et Quentin Besnard, annonce une refonte complète de sa stratégie commerciale, portée par des investissements industriels significatifs réalisés en autofinancement et un repositionnement marketing audacieux. Un rebond qui témoigne de la résilience d’une entreprise qui a su transformer l’épreuve en opportunité.

Une épreuve surmontée par la persévérance

Cette période de turbulences a exigé de tenir un cap stratégique dans un paysage brassicole changeant, avec l’urgence de structurer drastiquement les opérations en s’appuyant sur des tableaux de bord rigoureux. « Le plus difficile à surmonter durant ces deux années de restructuration, c’est clairement l’incertitude de l’évolution positive des structures, même si au fond nous savions que les structures étaient viables, nous devions le prouver, confie Christophe Le Gall. Le pilotage a demandé encore plus de justesse qu’à l’accoutumée. »

L’équipe s’est battue jusqu’au bout de ses limites. « Nous avons retenu qu’avec de la persévérance et de la discipline nous pouvions venir à bout de cette restructuration et atteindre nos objectifs, poursuit le cofondateur. Nous en sommes sortis plus grands, plus forts, avec un sentiment de satisfaction lié à cette nouvelle qualité acquise en chemin, la résilience. » Une renaissance qui n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible des collaborateurs. « Nous avons aussi moralement souffert de ceux qui nous ont enterrés trop tôt. Sans un soutien et une vraie foi de nos collaborateurs en une issue positive, tout ceci n’aurait pas été possible. Nous leur en sommes très reconnaissants. »

Des investissements pour soutenir l’ambition

La restructuration menée en 2023 et 2024 a permis d’assainir la situation financière de l’entreprise. Les résultats encourageants de 2025 ont libéré des capacités d’investissement dans l’outil de production. La brasserie a ainsi acquis de nouveaux fermenteurs portant sa capacité fermentaire totale à 260 hectolitres, une laveuse-enfûteuse performante et du matériel de laboratoire de pointe. Ces équipements garantissent désormais une qualité stable et les volumes nécessaires aux ambitions commerciales affichées.

Cette montée en puissance s’accompagne d’une amélioration des process, indispensable pour répondre aux exigences de la grande distribution. La brasserie se donne ainsi les moyens techniques de tenir ses engagements en termes de régularité, de traçabilité et de volumes. « Nous nous y sommes préparés, renforçant notre capacité de production avec l’achat de nouveaux fermenteurs, nous assurant d’une stabilité accrue de la qualité des produits via l’acquisition et l’utilisation de matériel de laboratoire de pointe » , explique Christophe Le Gall.

Une philosophie préservée, une stratégie affinée

Si l’identité de La P’tite Maiz’ demeure intacte, la stratégie a évolué. « Nous sommes toujours sur la même philosophie, faire des bières passionnées et équilibrées, avec cette petite touche originale et créative qui nous caractérise » , affirme Christophe Le Gall. L’esprit festif et convivial reste au cœur du projet, porté par l’événementiel dans les établissements de la marque et à l’extérieur.

Le virage majeur s’est opéré il y a trois ans avec un recentrage territorial assumé. « Après avoir été parmi les brasseries à distribution nationale nous avons fait le choix de nous recentrer sur le local, sans toutefois faire baisser notre distribution nationale avec pour objectif à court terme de devenir la brasserie N°1 en Touraine » , précise-t-il. Cette stratégie d’ancrage local s’accompagne de nombreux partenariats avec les acteurs du territoire.

Parallèlement, la brasserie suit le mouvement de démocratisation de la craft beer. « Nous avons continué à vouloir nous ouvrir au plus grand nombre, suivant le mouvement de démocratisation de la craft, passant d’une bière d’initiés à une bière exigeante mais populaire, explique le dirigeant. Notre but est donc de continuer à toucher le plus de monde possible. Avec une capacité de production à la hausse et une équipe plus grande, ce qui était une envie est devenu possible. »

Une identité visuelle renouvelée

A l’approche de son dixième anniversaire, le 16 février 2026, La P’tite Maiz’ dévoile une refonte graphique complète de sa gamme permanente, signée Grégoire Audeguy, graphiste historique de la marque et illustrateur des nouvelles étiquettes. « Jusqu’à présent, chaque visuel était dans une esthétique assez différente. Nous avons fait le choix d’orienter le travail visuel sur un effet de gamme » , explique Christophe Le Gall.

L’illustrateur Grégoire Audeguy signe les nouvelles étiquettes © La P’tite Maiz’

Cette nouvelle identité marque une évolution visuelle forte, destinée à faciliter le repérage en linéaire et à moderniser l’image de marque. « Nous sommes partis sur des visuels très colorés et sur une charte graphique très différenciée et différenciante par rapport à ce qui se fait en grande distribution, où les visuels des bières locales sont souvent beaucoup plus classiques, poursuit-il. Nous souhaitons faire de nos différences une force et être plus visibles en rayon. »

La brasserie a toutefois intégré certains codes de la grande distribution pour optimiser la lisibilité : indication du style de bière sur le devant de la bouteille, noms simplifiés, et intégration du logo C du Centre, marque locale dont La P’tite Maiz’ est labellisée depuis quelques années. « Nous pensons que nos étiquettes sauront attirer l’œil des curieux et habilleront parfaitement les créations originales qu’elles renferment. »

La gamme permanente se compose désormais de sept bières. Ce nouveau portefeuille affiche un équilibre qui permet à La P’tite Maiz’ de couvrir les principaux segments du marché : l’historique This is Not a Pils (5 % alc/vol), bière blonde désormais commercialisée sous les initiales TINAP ; Blimey (4,5 % alc/vol), une blanche infusée de thé vert, bergamote, citron vert et citron jaune ; Captain Hopvious (6 % alc/vol), une IPA généreusement houblonnée ; Bandy Krush (7 % alc/vol), une NEIPA juicy et fruitée ; Irish Harvest (5 % alc/vol), une rousse sèche et maltée ; It’s a Triple (8,5 % alc/vol), une triple puissante et complexe, et FraCaYu (6 % alc/vol), une rouge fruitée FRAmboise, CAssis et YUzu. Deux autres références annoncées pour 2026 viendront bientôt étoffer la gamme : Summer is Coming (3,8 % alc/vol), une session IPA, et No Limit, une bière sans alcool.

Cap sur la grande distribution

L’étape la plus stratégique de cette renaissance reste l’entrée en grande distribution toutes enseignes confondues. « Nous sentons que le marché a évolué, les acteurs commencent à se concentrer et la distribution change, observe Quentin Besnard, en charge de la partie commerciale. Le marché de la grande distribution aussi et il est prêt à accueillir des bières un peu plus originales. Nous recevons beaucoup de sollicitations en ce sens. Localement il y a une vraie demande pour nos produits. En 10 ans nous nous sommes fait un nom, La P’tite Maiz’ est devenue une marque inspirante dans laquelle on peut avoir confiance. »

Pour piloter ce déploiement, La P’tite Maiz’ s’appuie sur Caldeira Distribution, partenaire local qui distribue déjà en exclusivité la marque JEMME et les bières de la Brasserie de Chambord en GMS. Cette alliance garantit une approche professionnelle du référencement et une maîtrise logistique sur le territoire tourangeau.

« Ce nouvel axe stratégique de distribution va nous permettre d’atteindre nos objectifs d’ouverture au plus grand nombre, poursuit Quentin Besnard. Avec une gamme permanente réduite à 7 bières pour commencer, nous maîtrisons nos volumes et notre savoir-faire artisanal. Nous avons fait le choix fort et engagé de ne pas créer une nouvelle gamme spéciale, de nouvelles références ou de réétiquetage pour la grande distribution mais d’y aller avec notre propre gamme dans un souci de transparence vis à vis des consommateurs et nous sommes sûrs qu’ils apprécieront. »

Une vision à long terme ancrée dans la RSE

Avec cette nouvelle dynamique, La P’tite Maiz’ ambitionne de devenir la brasserie de référence en Indre-et-Loire (37), avant de se déployer régionalement à moyen terme. Cette ambition repose sur un positionnement prix-qualité cohérent et une présence multicanal équilibrée, entre CHR et GMS.

« Nous avons pour objectif d’asseoir notre réputation et de continuer notre développement sur le local » , affirme Christophe Le Gall. La brasserie a récemment initié une démarche RSE pour consolider ses structures et assurer un pilotage sain. « Nous avons appris que notre stabilité passe forcément par des bases solides. La démarche RSE va nous aider en ce sens car elle est un projet vivant : nous la pilotons, la faisons évoluer et la partageons régulièrement avec nos collaborateurs et bientôt avec nos partenaires. »

L’engagement s’étend au-delà des frontières de l’entreprise : « Nous souhaitons continuer à nous engager pour un environnement de travail inclusif et respectueux, tout en contribuant positivement au développement social et solidaire du territoire. Nous continuerons à entretenir des liens solides avec les acteurs du territoire et à valoriser les ressources et savoir-faire locaux. »

Pour les professionnels de la distribution, cette offensive représente une opportunité de capitaliser sur une marque locale dotée d’une véritable légitimité artisanale et d’un storytelling fort, deux atouts majeurs pour se démarquer dans un linéaire bière de plus en plus excitant et concurrentiel.



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