Les Tchèques, champions de la pinte depuis plus de 30 ans !

En Tchéquie, la baisse de la consommation de bière ne suffit pas à détrôner le pays de son rang de numéro un mondial de la consommation, loin devant la Belgique, la France et la Suisse, où la bière reste un plaisir plus occasionnel .

En Tchéquie, la pinte reste un marqueur social autant qu’une boisson du quotidien. Avec environ 126 litres de bière par habitant en 2024, les Tchèques boivent encore l’équivalent de près d’une bière par jour, malgré une baisse d’environ 12 % en dix ans par rapport aux 143 litres de 2015 . Cette érosion n’empêche pas le pays de conserver, pour la 31e année consécutive, sa place de premier consommateur de bière au monde .

L’écart avec les autres nations européennes est spectaculaire. L’Allemagne, pourtant réputée pour sa culture brassicole, tourne autour de 106 litres par habitant et par an, quand la Belgique se situe à 70 litres environ . La France, elle, joue clairement dans une autre catégorie avec quelque 30 litres par an et par personne, soit quatre à cinq fois moins que la Tchéquie. La Suisse, classée dans le bas du top 25 mondial, oscille autour d’une quarantaine de litres, ce qui la rapproche davantage du profil français que du modèle tchèque .

Cette singularité s’explique par le statut particulier de la bière en Tchéquie. Historiquement bon marché, largement disponible et socialement acceptée quel que soit le milieu, elle structure la vie des hospody, ces pubs où se tissent les relations sociales . Le territoire est densément maillé en établissements et en brasseries, des géants comme Pilsner Urquell et Budweiser Budvar jusqu’aux plus de 500 microbrasseries recensées sur un espace plus petit que la Nouvelle-Aquitaine .

Si la tendance est à la modération, le pays ne tourne pas le dos à sa culture bière, il la réinvente. Les nouvelles générations plébiscitent davantage les références sans alcool, les panachés et une offre plus diversifiée, notamment en IPA et bières spéciales, tandis que la tertiarisation de l’économie limite les « marathons de chopes » en semaine . Parallèlement, les autorités militent pour faire reconnaître la culture brassicole tchèque comme patrimoine immatériel, après son inscription au registre national et dans l’espoir d’une future consécration par l’Unesco .

À l’inverse, en France, en Belgique et en Suisse, la bière reste une boisson importante mais ne structure pas à ce point le quotidien. En Belgique, la richesse des styles prime sur le volume, la consommation se concentrant davantage sur la dégustation que sur la répétition des pintes . En France, le vin conserve un poids symbolique et culturel supérieur, reléguant la bière au rang de boisson d’accompagnement ou de convivialité ponctuelle . Quant à la Suisse, elle se situe dans une position intermédiaire avec une scène craft dynamique, mais des volumes qui restent très éloignés du modèle tchèque .

Ainsi, si le classement mondial consacre encore la Tchéquie, c’est moins pour une simple question de litres que pour une véritable exception culturelle, où la bière continue d’incarner un art de vivre que ses voisins ne partagent qu’à doses bien plus modestes .


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